Les premières pluies du 09 juillet ont surpris les
populations de Thiès par leur intensité. Les services de la météo ont
enregistré plus de 90 mm de précipitation.
On aura rarement vu autant d’eau en un temps aussi court
entre 16 h et 18 h, mais c’est surtout l’intensité du ravinement qui a étonné
tout le monde. Il nous arrivait quand nous étions gamines de prier pour qu’il
ne pleuve pas abondamment la journée, parce qu’on savait que nos maisons
allaient être inondées la nuit, le temps que les eaux du plateau de Thiès
atteignent les quartiers de la ville. A l’époque le grand canal n’existait pas.
Notre baromètre c’était le petit canal, on observait la hauteur de l’eau par
rapport aux briques rouges du « condire » traduisez caniveau. Il
y’avait un décalage de plusieurs heures.
Ces première pluies ont été intenses, et les eaux de
ruissellent ont causé d’énormes dégâts en un temps record. On n’a pas besoin
d’être un spécialiste de l’environnement (forestier, géographe) pour constater qu’il
y’a une anomalie. Dans un article précédent on vous avait parlé de l’importance
de la forêt classée de Thiès. Si elle disparaissait Thiès serait sous les eaux
de ruissellement.
Ce 09 juillet 2015, les eaux
rouges ont envahi la ville avec leur lot de désolation. Ce qui démontre
forcément la dégradation du plateau et de sa forêt classée. Les populations ont
condamné fortement l’abattage de nombreux baobabs centenaires du coté de la
base aérienne par un promoteur immobilier.
A Hersent Awa, une sinistrée explique « notre
maison a été inondée, elle se situe un peu vers le bas coté, mais un voisin a
construit un ouvrage qui a empêché l’eau de circuler, ainsi notre maison a pris
au moins un mètre d’eau. C’est quand on a vu les rats sortir qu’on a compris
que l’irréparable allait se passer. (Eskey j’ai pensé au livre d’Albert Camus).
Nos matelas, nos habits, nos papiers, rien n’a été épargné. On a fait appel au
préfet pour qu’on puisse détruire l’infrastructure qui nous a causé tant de
soucis ».
A Diakhao, un étudiant a été électrocuté. Venu aider des
voisins dont la maison était inondée, il a reçu une décharge électrique, il est
mort sur le coup. Les sapeurs pompiers n’ont pas pu le réanimer.
Et si le foncier restait la source de tous nos problèmes
environnementaux ? En plus le curage des canaux des eaux de ruissellement n'a pas été fait au début de l'hivernage


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