mardi 29 septembre 2015

Foncier et environnement : Thiès premières pluies premières inondations




Les premières pluies du 09 juillet ont surpris les populations de Thiès par leur intensité. Les services de la météo ont enregistré plus de 90 mm de précipitation.

On aura rarement vu autant d’eau en un temps aussi court entre 16 h et 18 h, mais c’est surtout l’intensité du ravinement qui a étonné tout le monde. Il nous arrivait quand nous étions gamines de prier pour qu’il ne pleuve pas abondamment la journée, parce qu’on savait que nos maisons allaient être inondées la nuit, le temps que les eaux du plateau de Thiès atteignent les quartiers de la ville. A l’époque le grand canal n’existait pas. Notre baromètre c’était le petit canal, on observait la hauteur de l’eau par rapport aux briques rouges du « condire » traduisez caniveau. Il y’avait un décalage de plusieurs heures.

Ces première pluies ont été intenses, et les eaux de ruissellent ont causé d’énormes dégâts en un temps record. On n’a pas besoin d’être un spécialiste de l’environnement (forestier, géographe) pour constater qu’il y’a une anomalie. Dans un article précédent on vous avait parlé de l’importance de la forêt classée de Thiès. Si elle disparaissait Thiès serait sous les eaux de ruissellement.

 Ce 09 juillet 2015, les eaux rouges ont envahi la ville avec leur lot de désolation. Ce qui démontre forcément la dégradation du plateau et de sa forêt classée. Les populations ont condamné fortement l’abattage de nombreux baobabs centenaires du coté de la base aérienne par un promoteur immobilier.

A Hersent Awa, une sinistrée explique « notre maison a été inondée, elle se situe un peu vers le bas coté, mais un voisin a construit un ouvrage qui a empêché l’eau de circuler, ainsi notre maison a pris au moins un mètre d’eau. C’est quand on a vu les rats sortir qu’on a compris que l’irréparable allait se passer. (Eskey j’ai pensé au livre d’Albert Camus). Nos matelas, nos habits, nos papiers, rien n’a été épargné. On a fait appel au préfet pour qu’on puisse détruire l’infrastructure qui nous a causé tant de soucis ».

A Diakhao, un étudiant a été électrocuté. Venu aider des voisins dont la maison était inondée, il a reçu une décharge électrique, il est mort sur le coup. Les sapeurs pompiers n’ont pas pu le réanimer.

Et si le foncier restait la source de tous nos problèmes environnementaux ? En plus le curage des canaux des eaux de ruissellement n'a pas été fait au début de l'hivernage



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