jeudi 19 mars 2015

Boulimie foncière dans les Niayes: les enjeux de la bande de filao

Dans un article précédent, je vous avais livré des extraits tirés du plan d’Aménagement de la bande de filao expliquant son historique et son milieu physique. Ce serait tout aussi intéressant de connaitre les utilisateurs, les objectifs et le statut de la bande de filao.


 Les utilisateurs ?
La bande de filao accueille plusieurs acteurs utilisant directement ou indirectement le massif en fonction de leurs objectifs. Parmi eux, on distingue notamment:
  •     les femmes parcourant de longues distances pour satisfaire leur consommation en énergie domestique par le ramassage du bois mort ;
  •        les maraîchers qui ramassent la litière pour en faire un paillis ou produire du compost ;
  •          les éleveurs qui font paître les bovins et caprins sous les filaos ;
  •         les pêcheurs se servant de la litière pour fumer leurs poissons ;
  •         les touristes et citadins empruntant les pistes de parcours sportifs (rallyes, motos,
autos) ;
  • ·    les « tours opérateurs » qui organisent des circuits touristiques dans la zone des Niayes
  • ·     les citadins profitant de moments de récréation (pique-niques, repos, marche, course à pied) ;
  • ·     les chercheurs et universitaires se préoccupant d'étude du milieu et des aspectsocio-économiques de la bande de filao.
Les objectifs poursuivis sont les suivants :
Objectif général :
  • Maintien de la fonction de protection de la bande de filao contre  l’ensablement des cuvettes maraîchères, habitats et infrastructures des Niayes, par la stabilisation des dunes.
Objectifs spécifiques 
  •  Assurer le renouvellement des peuplements ;
  •  Améliorer l’état et la croissance des arbres ;
  • Fixer les conditions pour permettre l’approvisionnement durable en combustibles ligneux pour les populations locales dans le respect de la fonction de protection de la bande
  •  Fournir une source de revenus pour les populations locales ;
  •  Accueillir le public dans la mesure où l’environnement est respecté;
Quel est le Statut de la bande de filao ?
La bande de filao entre dans le domaine forestier de l’Etat à titre de périmètre de restauration et de reboisement. Compte tenu que l’objectif de constitution d’un couvert forestier permettant la protection des sols a été atteint, deux options auraient maintenant été possibles :

  • .  déclasser le peuplement (code forestier, art. R.5) et confier sa gestion aux Collectivités locales, conformément à l'article R-39 du décret 98-164 du 20 février 1998, portant code forestier ;
  •     ou garder son statut de périmètre de restauration et de reboisement  
Plan d’aménagement de la bande de filao de la grande côte  Nord du Sénégal, juillet 2004

 Si la bande de filao assure des revenus aux populations, ces revenus sont-ils substantiels? Assiste t-on au développement de femmes entrepreneurs pour l'exploitation du bois de filao? Peuvent- elles tirer leurs revenus tout en respectant l'environnement? Questions auxquelles nous essayerons d'y répondre dans un prochain article.






mardi 17 mars 2015

GAMOU DE DIAMAGUENE NIMZATT THIES


Diamaguène Nimzatt a refusé du monde le vendredi 13, le samedi 14, le dimanche 15 mars.
Motif le Grand Gamou Annuel organisé en la mémoire de Cheikhna Cheikh Talibouya par Shérif Cheikhna Cheikh Nama AÏDARA, Khalif de Cheikhna Cheikh Abdoul Aziz AÏDARA.

Diamaguène Nimzatt a vibré au zikre des disciples peulh tout le week end

La cérémonie du Jaguar
Les délégations officielles


La délégation officielle avec le Ministre des Forces Armées Mr Augustin Tine
Cheikh Ass Kallé Guèye
Cérémonie officielle
De l'avis des Talibés, c'est  le Gamou qui drainé le plus de monde depuis 2006

vendredi 6 mars 2015

Boulimie foncière dans les Niayes : la bande de filao serait-elle en danger ?

Cette semaine deux faits ont attiré notre attention dans l’actualité : une personne qui veut s’emparer de 4 ha  à Guédieuwaye, à Cayar des occupations illégales dans la bande de filao. Direction Centre FORET (Centre forestier de Recyclage Thiès) pour rencontrer le Colonel Yoro SOW qui nous a remis la documentation relative au plan d’aménagement.de la bande de filao d’où sont tirés ces extraits.
La réalisation du plan d’aménagement de la bande de filao a été rendue possible grâce à un financement de l’Agence canadienne de Développement international(ACDI), dans le cadre du Projet d’Appui à l’Entrepreneuriat paysan (PAEP), volet forestier.

 Nous voulons que tous ceux qui me suivent dans ce blog connaissent la zone des Niayes, sa bande de filao, et soient édifiés sur tous les enjeux environnementaux et fonciers concernant cette zone.
La zone des Niayes ?
Située le long du littoral Nord du Sénégal entre Dakar et Saint-Louis, la zone des Niayes (dépressions inter dunaires à nappe phréatique affleurante à sub-affleurante) est constituée d’une mince bande de territoire, de 5 à 30 km de large et de plus de 180 km de long. Cette zone, qui s’étend sur plus de 2 700 km2 (CSE, 2002) se caractérise par des conditions bioclimatiques et hydriques singulières, attribuables à l’alizé maritime qui maintient des températures relativement fraîches, de faibles amplitudes et une humidité élevée.
La population estimée à 150 000 habitants (CECI, 1998), vit essentiellement du maraîchage pratiqué dans les dépressions inter dunaires ou cuvettes qui étaient fortement menacées par l’avancée des dunes. Environ, près de 80% de la production maraîchère du pays provient de cette zone (CECI, 1998).

Pourquoi des dunes ?
Le milieu physique des Niayes a été façonné au fil du temps par une succession de variations climatiques. D’abord, la zone a connu une période désertique aboutissant à la formation d’un premier système dunaire, puis un climat humide de type guinéen initiant l’apparition de formations végétales denses et d’un réseau hydrographique important comprenant lacs et étangs dans les dépressions inter dunaires. Ensuite la mer a pénétré les estuaires et envahi les basses terres puis, à son retrait se sont formés les cordons littoraux. Il en a résulté un système dunaire composé de dunes blanches non fixées situées le long du littoral, de dunes jaunes semi fixées vers l’intérieur, puis de dunes rouges continentales. Les Niayes proprement dites se situent à l’interface des dunes jaunes et des dunes rouges (Blouin, 1990).
Plus récemment, le milieu a subi une forte influence anthropique avec l’introduction des spéculations maraîchères qui ont commencé vers les années 1950. Cette pression a engendré une exploitation abusive de la végétation à des fins agricoles, pastorales et domestiques, ce qui a favorisé la mobilité des dunes contribuant ainsi à intensifier l’ensablement des cuvettes (Diallo, 1997).
Le filao ?
Le filao (Casuarina equisetifolia (L.)) est un arbre originaire d’Australie, qui a été introduit en Afrique dans les années 1930. Grâce à son symbiote fixateur d’azote, un actinomycète appelé Frankia, qui forme des nodules sur le système racinaire de l’arbre, le Casuarina peut coloniser des sols très pauvres. Il est aussi très résistant au sel et aux embruns marins, ce qui en fait l’essence toute indiquée pour former une bande de protection sur le littoral.

Historique de la bande de filaos
La nécessité de protéger les cuvettes maraîchères contre l’ensablement avait déjà été signalée par le service de l’Agriculture en 1925 (Faye, 1993). Les diverses actions de reboisement menées, au fil du temps, ont conduit à la formation d’un rideau boisé longeant la grande côte Nord de Sénégal (Sarr, 1983 ; Faye, 1993). La synthèse historique se  présente comme suit :
·         en 1948, près de Malicka, les premières plantations sont réalisées par le service forestier de l’époque ;
·         les plantations se poursuivent entre 1949 et 1959 dans les secteurs de Malicka, Mbeubeuss et de Lac Rose, toujours réalisées par le Service forestier d’avant indépendance;
·         dans les années soixante et soixante-dix, de nouvelles plantations réalisées par le Service forestier sénégalais, s’ajoutent dans le secteur de Cambérène et derrière les plantations existantes de Malicka et de Mbeubeuss ;
·         en 1975, dans la région de Louga, à Lompoul plus précisément, zone communément appelé zone centre, le Projet SEN-73/012 de Kébémer cofinancé par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) a débuté;

·          le Projet de fixation des dunes et de protection des cuvettes maraîchères du Gandiolais, financé par l’ACDI, vit le jour en 1979 dans la région de Saint-Louis correspondant à la zone Nord
·          en 1981, dans la région de Thiès, représentant la zone Sud, le Projet PL- 480 de Kayar, financé par l’USAID débute son programme de fixation des dunes ;
·          en 1988, l’ACDI prenait le relais du Projet PL-480 et fusionnait, ses deux secteurs d’intervention (Gandiolais et Kayar), dans le Projet Conservation des Terroirs du Littoral (CTL) (808/13835).



A suivre