Cette semaine deux faits ont attiré notre
attention dans l’actualité : une personne qui veut s’emparer de 4 ha à Guédieuwaye, à Cayar des occupations illégales
dans la bande de filao. Direction Centre FORET (Centre forestier de Recyclage
Thiès) pour rencontrer le Colonel Yoro SOW qui nous a remis la documentation
relative au plan d’aménagement.de la bande de filao d’où sont tirés ces
extraits.
La
réalisation du plan d’aménagement de la bande de filao a été rendue possible
grâce à un
financement de l’Agence canadienne de Développement international(ACDI), dans
le cadre du Projet d’Appui à l’Entrepreneuriat paysan (PAEP), volet forestier.
Nous
voulons que tous ceux qui me suivent dans ce blog connaissent la zone des
Niayes, sa bande de filao, et soient édifiés sur tous les enjeux
environnementaux et fonciers concernant cette zone.
La zone des Niayes ?
Située
le long du littoral Nord du Sénégal entre Dakar et Saint-Louis, la zone des Niayes
(dépressions inter dunaires à nappe phréatique affleurante à sub-affleurante)
est constituée d’une mince bande de territoire, de 5 à 30 km de large et de
plus de 180 km de long. Cette zone, qui s’étend sur plus de 2 700 km2 (CSE, 2002) se
caractérise par des conditions bioclimatiques et hydriques singulières,
attribuables à l’alizé maritime qui maintient des températures relativement
fraîches, de faibles amplitudes et une humidité élevée.
La population estimée à 150 000
habitants (CECI, 1998), vit essentiellement du maraîchage pratiqué dans les
dépressions inter dunaires ou cuvettes qui étaient fortement menacées par
l’avancée des dunes. Environ, près de 80% de la production maraîchère du pays
provient de cette zone (CECI, 1998).
Pourquoi des dunes ?
Le milieu physique des Niayes a été
façonné au fil du temps par une succession de variations climatiques. D’abord,
la zone a connu une période désertique aboutissant à la formation d’un premier
système dunaire, puis un climat humide de type guinéen initiant l’apparition de
formations végétales denses et d’un réseau hydrographique important comprenant
lacs et étangs dans les dépressions inter dunaires. Ensuite la mer a pénétré les
estuaires et envahi les basses terres puis, à son retrait se sont formés les
cordons littoraux. Il en a résulté un
système dunaire composé de dunes blanches non fixées situées le long du
littoral, de dunes jaunes semi fixées vers l’intérieur, puis de dunes rouges
continentales. Les Niayes proprement
dites se situent à l’interface des dunes jaunes et des dunes rouges (Blouin,
1990).
Plus récemment, le milieu a subi une
forte influence anthropique avec l’introduction des spéculations maraîchères
qui ont commencé vers les années 1950. Cette pression a engendré une
exploitation abusive de la végétation à des fins agricoles, pastorales et
domestiques, ce qui a favorisé la mobilité des dunes contribuant ainsi à intensifier
l’ensablement des cuvettes (Diallo, 1997).
Le filao ?
Le filao (Casuarina equisetifolia (L.)) est un arbre originaire d’Australie,
qui a été introduit en Afrique dans les années 1930. Grâce à son symbiote
fixateur d’azote, un actinomycète appelé Frankia, qui forme des nodules sur le
système racinaire de l’arbre, le Casuarina peut coloniser des sols très
pauvres. Il est aussi très résistant au sel et aux embruns marins, ce qui en fait l’essence toute indiquée
pour former une bande de protection sur le littoral.
Historique de la bande de filaos
La nécessité de protéger les cuvettes
maraîchères contre l’ensablement avait déjà été signalée par le service de
l’Agriculture en 1925 (Faye, 1993). Les diverses actions de reboisement menées,
au fil du temps, ont conduit à la formation d’un rideau boisé longeant la
grande côte Nord de Sénégal (Sarr, 1983 ; Faye, 1993). La synthèse historique se présente comme suit :
·
en 1948, près de Malicka, les premières plantations sont réalisées par le service
forestier de l’époque ;
·
les
plantations se poursuivent entre 1949 et 1959 dans les secteurs de Malicka, Mbeubeuss et de Lac
Rose,
toujours réalisées par le Service forestier d’avant indépendance;
·
dans les années
soixante et soixante-dix, de nouvelles plantations réalisées par le Service
forestier sénégalais, s’ajoutent dans le secteur de Cambérène et derrière les plantations existantes de Malicka et de Mbeubeuss ;
·
en 1975, dans la région de Louga, à Lompoul plus précisément, zone communément
appelé zone centre, le Projet SEN-73/012
de Kébémer cofinancé par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD)
a débuté;
·
le Projet de fixation
des dunes et de protection des cuvettes maraîchères du Gandiolais, financé par
l’ACDI, vit le jour en 1979 dans la région de Saint-Louis correspondant à la zone Nord
·
en 1981, dans la région
de Thiès, représentant
la zone Sud, le Projet PL- 480 de Kayar, financé
par l’USAID débute son programme de fixation des dunes ;
·
en 1988, l’ACDI prenait le relais du Projet PL-480 et
fusionnait, ses deux secteurs d’intervention (Gandiolais et Kayar), dans le
Projet Conservation des Terroirs du Littoral (CTL) (808/13835).
A suivre

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